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	<title>Pomme de neige</title>
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		<title>Pomme de neige</title>
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		<title>La baignoire</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Aug 2009 21:20:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucie Claire</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’eau coule dans la baignoire. Volutes de fumée qui collent au rideau, aux tuiles, au carrelage, qui cachent son reflet dans la glace, laissent une brume dans la minuscule salle de bain. L’eau coule et l’air devient lourd, insupportable. Elle a ouvert la fenêtre, pour sentir la neige, qui tombe. Quelques flocons, parfois, sous le [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=119&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align:justify;">L’eau coule dans la baignoire. Volutes de fumée qui collent au rideau, aux tuiles, au carrelage, qui cachent son reflet dans la glace, laissent une brume dans la minuscule salle de bain. L’eau coule et l’air devient lourd, insupportable.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Elle a ouvert la fenêtre, pour sentir la neige, qui tombe. Quelques flocons, parfois, sous le vent, s’engouffrent à l’intérieur, viennent fondre dans l’eau chaude de la baignoire, s’évaporent sur les murs. Mais la baignoire n’est pas pleine encore.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Pas de mousse, pas de bulles, pas de trace de calcaire, rien qui vienne entraver l’eau de couler. Elle déteste ça de toute façon, ces gens qui se trempent dans les produits de beauté, qui infusent comme des sachets de thé, qui prennent des bains comme on prend des caresses, en suant à grosses gouttes.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Elle arrête les robinets, qui grondent doucement et laisse entrer le chat, qui miaule et passe ses pattes sous la porte, espérant attraper la vapeur qui s’en échappe. Ce dernier s’installe sur la cuvette des toilettes, la regarde, elle et les flocons qui volent. Il essaye d’en attraper un, qui lui fond dans la patte. Il ferme les yeux, se laisse bercer par la chaleur, il ronronne, presque comme les robinets.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Elle entre dans l’eau bouillante, sa peau rougit, se couvre de petites bulles d’air, une expiration. Elle se couche dans l’eau, comme elle le ferait dans un ventre, regarde l’humidité qui suinte des murs, les murs qui coulent, devant elle. La pièce qui fond lentement, qui s’étend sur la céramique, qui se couche elle aussi.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Elle essuie la buée de la fenêtre, et voit au-dehors la neige qui tombe dans la petite cour arrière de son immeuble, qui s’accumule sur celle déjà tombée, qui fondra aussi, bientôt, sans laisser d’autres traces que celles qui s’oublient. Et il neige encore, et la neige fond encore. Elle plonge.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Sous l’eau, les yeux ouverts voient mal les murs de la salle de bain. Elle ne distingue presque rien de ce qui l’entoure. Elle ouvre la bouche, voudrait que l’eau chaude coule en elle. Elle n’entend pas les mots des autres, elle n’entend rien que ses oreilles qui bourdonnent, qui couvrent les bruits de fond. Elle coule.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">La neige a cessé de tomber. L’eau tourne dans la baignoire qui se vide. Elle est sortie à présent. Mais sous l’eau, les mots se sont perdus. Maintenant, même la fenêtre ouverte, elle suffoque. Il lui faudrait hoqueter, sortir les gouttes d’eau une par une de sa gorge. Les laisser s’évaporer comme les flocons sur le plancher de la salle de bain. Mais l’eau laisserait tout de même une trace. </h3>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/pommedeneige.wordpress.com/119/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/pommedeneige.wordpress.com/119/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/pommedeneige.wordpress.com/119/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/pommedeneige.wordpress.com/119/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/pommedeneige.wordpress.com/119/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/pommedeneige.wordpress.com/119/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/pommedeneige.wordpress.com/119/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/pommedeneige.wordpress.com/119/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/pommedeneige.wordpress.com/119/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/pommedeneige.wordpress.com/119/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/pommedeneige.wordpress.com/119/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/pommedeneige.wordpress.com/119/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/pommedeneige.wordpress.com/119/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/pommedeneige.wordpress.com/119/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=119&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>La barbe</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Aug 2009 22:08:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucie Claire</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il m’a dit qu’il fallait en finir, que tout ça ne menait à rien avant de fermer la porte de la salle de bain. Assise sur le rebord de la fenêtre du salon, à attendre que ça passe, je n’ai rien trouvé de mieux que d’observer le lac au loin, espéré un poisson, une vague, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=115&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align:justify;">Il m’a dit qu’il fallait en finir, que tout ça ne menait à rien avant de fermer la porte de la salle de bain. Assise sur le rebord de la fenêtre du salon, à attendre que ça passe, je n’ai rien trouvé de mieux que d’observer le lac au loin, espéré un poisson, une vague, un bateau en naufrage, qui plisse la surface de l’eau, comme le pli sur son visage à lui. Mais le lac est très lisse, comme dans les livres, comme les photos panoramiques que je  collerais sur le frigo à mon retour en ville, pour dire : on était là et pensant toujours : «on exclut la personne qui parle» et je ne parle plus.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">J’ai à peine entendu le bruit du rasoir avant de sortir, fermé la porte, sauté en bas des marches, rejoint la rive du lac. Lui m’a dit qu’un jour de baignade, je m’étais perdue, que quelques instants à peine, j’étais absente, au fond du lac, et qu’il m’avait sortie de là avec l’idée qu’une partie infime, comme un baiser sur une paupière, était restée là-bas, au fond du lac. Il ne sait pas que je ne suis plus là, depuis longtemps, avant le lac, avant qu’il décide. Il ne sait pas qu’on ne peut pas être, parce que personne ne l’a oublié, lui. On vit avec son souvenir dans les albums photos. On l’entretient, on raconte ses légendes, on trouve des marques de lui sur notre corps, «Regarde, je ressemble à quelqu’un». Oui, bien sûr, au coin de la lèvre, ce sourire est à lui.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Les galets sont tous les mêmes avec leur face grise et humide qui se cache dans les herbes. L’eau est froide, comme toujours. Le lac a en son sein un glaçon qui tarde à fondre, comme lui. J’ai regretté un moment de ne pas avoir pris de manteau, à cause du vent. Mais je ne pouvais pas rentrer encore, entendre le bruit de rasoir résonner dans le vide du chalet. Je préférais regarder le lac clapoter à mes pieds, je pensais que peut-être, ce ne serait pas si horrible, que je m’habituerais vite. Il aurait la peau douce comme avant moi, il serait lui avant moi, et je ne serais plus que moi, après lui, sans rien à enlever de précis que cette envie de nager en surface des choses.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Je suis rentrée, les lumières du salon se voyaient depuis la rive, il en avait fini sûrement. Sans bruit, j’ai posé mes chaussures dans l’entrée, enfiler un de ses gilets, trop grand pour moi. Sur le sol de la salle de bain, les vestiges de sa barbe à présent rasée, qu’il n’aura pas eu le courage de ramasser. Dans la cuisine, presque comme avant, la peau des joues lisse attend un baiser de petite fille. Il n’est pas si différent, mais il n’est plus à moi. Et j’aurais juste voulu qu’il ne change pas, même si sa barbe le grattait. Qu’il ait encore une barbe de papa</h3>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/pommedeneige.wordpress.com/115/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/pommedeneige.wordpress.com/115/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/pommedeneige.wordpress.com/115/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/pommedeneige.wordpress.com/115/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/pommedeneige.wordpress.com/115/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/pommedeneige.wordpress.com/115/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/pommedeneige.wordpress.com/115/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/pommedeneige.wordpress.com/115/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/pommedeneige.wordpress.com/115/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/pommedeneige.wordpress.com/115/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/pommedeneige.wordpress.com/115/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/pommedeneige.wordpress.com/115/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/pommedeneige.wordpress.com/115/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/pommedeneige.wordpress.com/115/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=115&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Elle</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Aug 2009 04:45:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucie Claire</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Elle m’a dit, couchée dans son lit, que je devrais peut-être aller nager, dès demain, que l’eau serait peut-être un peu froide, mais qu’avec quelques gouttes sur la nuque et sur les cuisses, je ne sentirais rien. Elle voulait dormir, mais déjà, au fond de ses draps, elle me parlait des vagues, et du repas [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=109&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align:justify;">Elle m’a dit, couchée dans son lit, que je devrais peut-être aller nager, dès demain, que l’eau serait peut-être un peu froide, mais qu’avec quelques gouttes sur la nuque et sur les cuisses, je ne sentirais rien. Elle voulait dormir, mais déjà, au fond de ses draps, elle me parlait des vagues, et du repas du soir, il faudrait laver les assiettes, faire attention à celles en porcelaine, ne pas frotter les fleurs incrustées, qui perdraient leur brillant. Et ce serait dommage, depuis le temps qu’on les avait. Parfois elle avait pensé à les ranger dans le vaisselier de l’entrée, mais à quoi bon, on finissait toujours par s’en servir. Il faudrait les nettoyer de temps en temps, même rien que pour la poussière, et puis exposer des assiettes, c’était une idée étrange, autant exposer le reste et cessez de bouger tout à fait. Prétendre que les choses ne servaient pas vraiment.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Elle m’a dit de ne pas fermer la fenêtre, même s’il faisait froid. De laisser les rideaux sentir le sel. Elle m’a dit qu’elle pourrait me voir nager demain matin comme ça, de son lit. Je pourrais aller jusqu’à la bouée et revenir, le plus de fois possible, je pouvais dépasser la bouée aussi, si je voulais. Il faudrait que je pense à prendre une serviette, dans la pile près de la porte, et surtout à l’étendre, parce qu’elle n’aimait pas l’odeur du moisi. Elle m’a demandé si je pouvais ramener quelques coquillages, les enfants pourraient faire fondre du caramel dedans (après les voir nettoyer bien sûr) et les lécher dehors. À l’intérieur, leurs doigts collants sur la nappe, ce n’était pas possible.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Elle s’endormait, je crois.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">***</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Je pris une serviette, près de la porte, une sans trou, mais dont un des bord était décousu, et je sortais. Je marchais quelques pas à peine, étendit ma serviette, jetait un coup d’œil à la fenêtre, espérant qu’elle me regarde. L’eau était froide, évidemment, avec le vent. J’y trempais mes mains, mouillais mes cuisses, ma nuque, mes bras, en avançant doucement, et j’avais la chair de poule, jusqu’au bout du nez. Je nageais, chaque vague, prenant le dessus. Jusqu’à la bouée, où je m’agrippais. Avec le ciel nuageux, la mer avait l’air grise, avec des reflets ça et là, qui brillaient, comme la porcelaine des assiettes.  L’eau clapotait sous le tanguement de la bouée. Et je n’entendais presque rien. Je me suis dit que je pourrais bien dépasser la bouée maintenant, que je pourrais nager quelques mètres au moins, seule. Mettre tout à fait la tête sous l’eau. Elle avait dû cesser de regarder à présent. Les rideaux de sa fenêtre, agités  par le vent, semblaient comme vouloir sortir de sa chambre. Mais déjà, les enfants sortaient. Il faudrait penser à ramasser les coquillages, pour le caramel, peut-être faire fondre le sucre sur le réchaud dehors, pour éviter tout dégâts collants.  Ça la fâcherait, pas vraiment, mais elle serait contrariée. Je regagnais la rive, rapidement, parce qu’il faudrait tôt ou tard sortir de l’eau trop froide, penser à étendre les serviettes, l’écouter encore au fond du lit, essuyer le caramel au coin des lèvres, et ramasser les coquillages pour le lendemain.</h3>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/pommedeneige.wordpress.com/109/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/pommedeneige.wordpress.com/109/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/pommedeneige.wordpress.com/109/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/pommedeneige.wordpress.com/109/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/pommedeneige.wordpress.com/109/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/pommedeneige.wordpress.com/109/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/pommedeneige.wordpress.com/109/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/pommedeneige.wordpress.com/109/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/pommedeneige.wordpress.com/109/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/pommedeneige.wordpress.com/109/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/pommedeneige.wordpress.com/109/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/pommedeneige.wordpress.com/109/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/pommedeneige.wordpress.com/109/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/pommedeneige.wordpress.com/109/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=109&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Ulysse et Argos</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Jun 2009 19:29:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucie Claire</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis trois jours qu’il avait plu, Ronald se demandait quand il se déciderait à s’installer devant sa machine à écrire, pour pondre ce roman qu’on lui réclamait depuis bientôt 10 ans. La pluie avait eu le mérite d’éloigner les curieux de son terrain, mais Hector pauvre bougre, se lamentait sur la galerie, à attendre que [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=104&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align:justify;">Depuis trois jours qu’il avait plu, Ronald se demandait quand il se déciderait à s’installer devant sa machine à écrire, pour pondre ce roman qu’on lui réclamait depuis bientôt 10 ans. La pluie avait eu le mérite d’éloigner les curieux de son terrain, mais Hector pauvre bougre, se lamentait sur la galerie, à attendre que son maître veuille bien aller se promener, en remuant ses babines, comme un vieil homme.</p>
<p>Ronald avait fait de l’ordre dans la maison, en commençant par trier le courrier et à y répondre aussi sarcastiquement que sa réputation l’exigeait. Les lettres, soigneusement rangées sur la petite guérite de l’entrée, avaient été estampillées joyeusement, Hector semblant adorer le goût des timbres, bien qu’il les mouillait toujours un peu trop, dans son emportement. Ronald avait aussi lavé les rideaux et les housses des coussins, recousu trois chaussettes, en se disant que son mauvais caractère l’empêcherait toujours d’approcher une femme qui veuille se résoudre à ses tâches. Il suivait donc les souvenirs de sa mère, imitant ses gestes des années après sa mort. Il ne s’était cependant pas résolu à résoudre ce problème de robinetterie, et entendait donc, en écho à la pluie sur les carreaux, une goutte, tomber toutes les 47 secondes, sur la porcelaine jaunâtre de l’évier de la cuisine.</p>
<p>Cependant, il savait que si la pluie persistait, elle ne lui inspirerait pas plus un chef-d’œuvre. Il avait certes barbouillé quelques notes sur un cahier en écoutant une triste émission de divertissement à la télévision, mais rien qui ne dépasse les 389 mots qui lui avaient toujours été nécessaires à l’éclosion de ses romans. Hector soupirait autant que lui, ayant hâte que la neige fasse son œuvre sur le terrain. Il caressa doucement la tête du chien, entre les deux oreilles avant de s’installer devant la machine à écrire.</p>
<p>Il lui fallait écrire, mais il ne savait sur quoi. Écrire sur la pluie, sur la neige, sur tout ce temps qui passait devant sa fenêtre n’altérant que les lumières et les ombres sur le tapis. Voilà longtemps qu’il n’avait pas ressenti un pincement, presque sous le cœur, repenser à un souvenir qui soit assez troublant pour lui donner l’envie de se mettre au travail. Quand il pensait à cette vie qu’il avait gâchée pour un roman que personne ne lisait plus que par obligation, il avait, cependant, ce serrement efficace à la poitrine. Il n’était même plus malheureux, mais il l’avait été, avant. Il s’était peut-être habitué à ces larmes et ces frissons, de cette chair de poule, de cette vie près des autres, qui finissait toujours sans les autres. Il ne pourrait jamais écrire que sur ces gens sortis trop vite de sa tête. Il se décida à sortir Hector.</p>
<p>En marchant sur le chemin, maintenant de boue, observant par-dessus les herbes, le fleuve se détacher comme une invitation au voyage, il se demanda si Ulysse après toutes ces années loin des siens, avait été si content en rentrant dans une Ithaque qui l’avait presque oubliée. Argos l’avait certes reconnu, Argos, c’était un chien. Hector sauta dans un trou d’eau, voulu traverser le champ qui les éloignait de la grève. Ronald acquiescant, suivi le chien heureux. Ils coururent ainsi, à s’échouer sur la plage comme des baleines. Étaient-elles malheureuses, les baleines, quand elles venaient mourir ici ? Ronald songea au malheur qu’il lui avait fallu pour se retrouver seul avec son chien, sous la pluie, sur une plage, sans personne à qui il pourrait se plaindre d’être seul, tant il avait tout fait pour en arriver là. Ils s’asseyèrent un instant, à regarder le ciel de pluie et le fleuve s’accoupler devant eux, avec cette fureur que Ronald ne retrouverait jamais plus.</h3>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/pommedeneige.wordpress.com/104/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/pommedeneige.wordpress.com/104/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/pommedeneige.wordpress.com/104/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/pommedeneige.wordpress.com/104/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/pommedeneige.wordpress.com/104/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/pommedeneige.wordpress.com/104/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/pommedeneige.wordpress.com/104/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/pommedeneige.wordpress.com/104/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/pommedeneige.wordpress.com/104/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/pommedeneige.wordpress.com/104/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/pommedeneige.wordpress.com/104/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/pommedeneige.wordpress.com/104/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/pommedeneige.wordpress.com/104/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/pommedeneige.wordpress.com/104/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=104&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>divagations sur citation</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 04:05:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucie Claire</dc:creator>
				<category><![CDATA[Hiver]]></category>
		<category><![CDATA[Aragon]]></category>
		<category><![CDATA[Bérénice]]></category>
		<category><![CDATA[le goût de l'absolu]]></category>

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		<description><![CDATA[Il lui avait dit de ne pas revenir. Qu’il ne fallait plus être là, devant lui, comme avant, les yeux ouverts. Les yeux mi-clos comme Bérénice dans Aurélien… et le goût de l’absolu qui la prend à la gorge, lorsque ses pas, sous la neige, disparaissent dans l’hiver. « Il y a une passion si [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=101&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">
<h3 style="text-align:justify;">Il lui avait dit de ne pas revenir. Qu’il ne fallait plus être là, devant lui, comme avant, les yeux ouverts. Les yeux mi-clos comme Bérénice dans <em>Aurélien</em>… et le goût de l’absolu qui la prend à la gorge, lorsque ses pas, sous la neige, disparaissent dans l’hiver.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">
« Il y a une passion si dévorante qu’elle ne peut se décrire. Elle mange qui la contemple. Tous ceux qui s’en sont pris à elle s’y sont pris. On ne peut l’essayer, et se reprendre. On frémit de la nommer : c’est le goût de l’absolu. […] Elle est l’absence de résignation […] Qui a le goût de l’absolu renonce par là-même à tout bonheur. Quel bonheur résisterait à ce vertige, à cette exigence toujours renouvelée ? Cette machine critique des sentiments, cette vis a tergo du doute, attaque tout ce qui rend l’existence tolérable, tout ce qui fait le climat du cœur. […] Le goût de l’absolu…les formes cliniques de ce mal sont innombrables, ou trop nombreuses pour qu’on se jette à les dénombrer. On voudrait s’en tenir à la description d’un cas. Mais sans perdre sa parenté avec mille autres, avec des maux apparemment si divers qu’on les croirait sans lien avec les cas considérés, parce qu’il n’y a pas de microscope pour en examiner le microbe, et que nous ne savons pas isoler ce virus que faute de mieux, nous appelons le goût de l’absolu. […] Il est dépourvu de la plus légère aptitude au bonheur. J’ajouterai qu’il se complaît dans ce qui le consume.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">
Bérénice avait le goût de l’absolu. […] Peut-être était-ce là ce qui expliquait ses deux visages, cette nuit et ce jour qui paraissaient deux femmes différentes. Cette petite fille qui s’amusait d’un rien, cette femme qui ne se contentait de rien.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">
Car l’amour, comme l’homme, meurt à malheur, meurt dans la gêne et les soupirs et les sueurs et les convulsions, et qui lui a laissé prendre la force de souffrir est pis qu’un meurtrier. […] L’amour n’a-t-il pas en soi-même sa fin ? Les obstacles même à l’amour, ceux qui ne se surmonteront pas, ne font-ils pas sa grandeur ? Bérénice n’était pas loin de penser que l’amour se perd, se meurt, quand il est heureux. On voit bien là repercer le goût de l’absolu, et son incompatibilité avec le bonheur. Au moins ni bonheur ni malheur n’étaient les communes mesures des actions de Bérénice. Elle était vraiment pire qu’un meurtrier. »</h3>
<h3 style="text-align:justify;">
À redescendre vers la ville, elle pensa à cette Bérénice, coincée entre les pages du livre qu’elle avait fourré dans sa poche avant de partir. Elle lui aurait fait lire ce chapitre 36, pour qu’il la comprenne, pour qu’il voit se consumer un corps, à en faire fondre l’hiver. Il n’avait même jamais ouvert le livre, il n’avait même jamais su ce goût de l’absolu.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">
Elle n’avait pas su dire cette fin en soi, cette crevasse dans la ville, comme si tous les escaliers entre la haute et la basse ville avaient brûlé. Elle ne remonterait jamais plus là-bas comme avant. Ou peut-être bien. En attendant elle remettrait à sa place le livre d’Aragon, dans sa bibliothèque, face à la fenêtre, elle s’assiérait souvent sur le fauteuil du salon, à attendre que toute cette neige prenne un sens. Elle aurait comme Bérénice, ce goût de l’absolu dans un regard éteint, en attendant le temps. On lui disait souvent que le temps justement, ça guérit tout, ça soigne peut-être même les crevasses entre haute et basse ville, mais quand le temps est devant nous, il ne semble jamais passer assez vite de l’autre côté du trottoir.</h3>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/pommedeneige.wordpress.com/101/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/pommedeneige.wordpress.com/101/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/pommedeneige.wordpress.com/101/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/pommedeneige.wordpress.com/101/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/pommedeneige.wordpress.com/101/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/pommedeneige.wordpress.com/101/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/pommedeneige.wordpress.com/101/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/pommedeneige.wordpress.com/101/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/pommedeneige.wordpress.com/101/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/pommedeneige.wordpress.com/101/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/pommedeneige.wordpress.com/101/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/pommedeneige.wordpress.com/101/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/pommedeneige.wordpress.com/101/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/pommedeneige.wordpress.com/101/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=101&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>La source</title>
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		<pubDate>Fri, 29 May 2009 17:28:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucie Claire</dc:creator>
				<category><![CDATA[Hiver]]></category>
		<category><![CDATA[enfant]]></category>
		<category><![CDATA[source]]></category>

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		<description><![CDATA[Remonter à la source. Revenir à ces nuits, toujours plus longues, qu’on étendait comme des draps en été, dans lesquels les enfants jouent aux fantômes, sans savoir qu’ils en deviennent peu à peu. Rentrer à la maison. Rien à changer ou si peu qu’ils se disent, tu as ces traits dont ils se souviennent, ses [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=94&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align:justify;">Remonter à la source.<br />
Revenir à ces nuits, toujours plus longues, qu’on étendait comme des draps en été, dans lesquels les enfants jouent aux fantômes, sans savoir qu’ils en deviennent peu à peu.<br />
Rentrer à la maison.</p>
<p>Rien à changer ou si peu qu’ils se disent, tu as ces traits dont ils se souviennent, ses habitudes, ses tics, imprimés sur ton visage. Tu es exactement la même personne, et malgré ces années à essayer de t’éloigner de toi, tu es là devant eux. On ne change pas qu’ils te diront, mais au fond, ils ignorent que tu travailles tous les jours à effacer les traces de leur passage.</p>
<p>Ils veulent te reconnaître, se rassurer, se voir en toi, voir en toi, ce prolongement, ce futur préparé, ces racines que tu as arrachées à la hache. Et devant eux, tu es une coquille, qu’ils bourrent de mensonges, de souvenirs, de photos, de ce que tu es semble-t-il ; ils savent toujours mieux évidemment.</p>
<p>Rentrer à la maison, toucher du bout des doigts ces meubles, ces gens, qui t’attendent, caresser le chat qui est resté lui, comme une veilleuse aux yeux jaunes, à espérer l’enfant, mort à tout jamais, enterré dans une boîte à souvenir, dont tu as crevé les yeux un matin de septembre, parce qu’il ne serait plus jamais toi.</p>
<p>Rentrer à la maison, et couler lentement, se laisser submerger, l’eau, la rivière, être pour eux cet enfant mort, cette gamine aux sourires, qui boit trop vite, qui fait trop de bruit quand elle boit, cette mer toute proche. Déglutir son passé, comme on déglutit une huître, en s’étouffant avec la perle.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">
<dt class="wp-caption-dt"></dt>
</h3>
<h3 style="text-align:justify;">
Et tu te promènes dans la ville loin de la maison, loin de la mer, loin de la rivière, à éviter de couler au plus creux.</p>
<p><div id="attachment_98" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-98" src="http://pommedeneige.files.wordpress.com/2009/05/mg_0098-21.jpg?w=300&#038;h=201" alt="Guillaume D.Cyr" width="300" height="201" /><p class="wp-caption-text">Guillaume D.Cyr</p></div></h3>
<h3 style="text-align:justify;">
<dt class="wp-caption-dt"></dt>
</h3>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/pommedeneige.wordpress.com/94/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/pommedeneige.wordpress.com/94/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/pommedeneige.wordpress.com/94/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/pommedeneige.wordpress.com/94/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/pommedeneige.wordpress.com/94/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/pommedeneige.wordpress.com/94/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/pommedeneige.wordpress.com/94/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/pommedeneige.wordpress.com/94/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/pommedeneige.wordpress.com/94/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/pommedeneige.wordpress.com/94/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/pommedeneige.wordpress.com/94/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/pommedeneige.wordpress.com/94/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/pommedeneige.wordpress.com/94/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/pommedeneige.wordpress.com/94/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=94&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Guillaume D.Cyr</media:title>
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		<title>One night (nouvelle écrite en 2007, Lyon)</title>
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		<pubDate>Fri, 29 May 2009 16:49:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucie Claire</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelle]]></category>
		<category><![CDATA[fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[Tu l’as regardé quelques fois, les mots au bord des dents, à te toucher le fil dentaire invisible à ses yeux à lui. Tu aurais voulu dire peut-être, ta faiblesse, ton acceptation volontaire, ton indifférence aussi. Tu lui as dit, banalement, qu’il te faisait penser à quelqu’un, mais lui, il n’a rien compris. Il n’aime [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=91&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align:justify;">Tu l’as regardé quelques fois, les mots au bord des dents, à te toucher le fil dentaire invisible à ses yeux à lui. Tu aurais voulu dire peut-être, ta faiblesse, ton acceptation volontaire, ton indifférence aussi. Tu lui as dit, banalement, qu’il te faisait penser à quelqu’un, mais lui, il n’a rien compris. Il n’aime pas la comparaison, il voudrait être seul à peupler les bâtiments troubles de ta raison, et toi tu fermes les portes, les fenêtres, tu calfeutres, tu isoles, tu l’éloignes coup de laine de verre.<br />
Tu lui a parlé des choses ordinaires, pas vraiment de toi, tu ne sais même pas comment faire. Te mettre en valeur, pour qu’il ait l’impression, un instant, d’avoir un peu de chance de partager mots et maux avec toi. Mais avec lui, inutile, il a son idée bien coincée dans la tête, tu abdiques à coup d’accidents de langage. Tu as mis en scène ta propre dérision et il sourit, il sait bien qu’il arrive à ses fins.<br />
Les clés étaient au fond de ton sac, elles ont fait un bruit terrible dans la serrure. La lumière, la découverte, et déjà, sur son front, les marques d’une idée sur la pertinence du décor, du choix des couleurs, le désordre aussi, irrémédiablement installé entre les piles de papiers et les bibelots de voyages. Ces trucs que tu n’as jamais voulu jeter, terrorisée à l’idée de ne plus savoir, de ne plus te rappeler, une pensée pour la matérialiste que tu es.<br />
Le café n’était pas nécessaire, vos yeux, grands ouverts, et ces phrases que tu peines à construire. Tu ne te savais pas si habile dans la réponse monosyllabique, ça te ferait presque rire, mais non, le rictus ; c’est fatal. Au fond, il n’y a vraiment rien de drôle. Il ne te dit rien de banal, lui non plus, au fond, il ne sait pas trop comment te mettre dans ton propre lit. Pas de fond sonore, pas même besoin de planter le décor de votre envie commune, vous savez comment ça marche, ce n’est en rien une première fois, et pourtant, tu sens comme un peu de tachycardie entre tes côtes, une nervosité qui revient de loin, loin d’être blasée ma jolie, comme un haut-le-coeur.<br />
Tu aurais voulu que ça ne fasse rien, que tu n’aies pas forcément envie de recommencer dès que ce sera fini, ne pas bouger peut-être, ne pas te perdre non plus. Qu’il soit ton nécrophile, pour rendre compte, fatalement, de l’état des lieux.<br />
Tu t’es assise au bord du lit, avec une envie de clope, de fumée, pour brouiller peut-être l’atmosphère plombante de ta fausse culpabilité, tes envies ironiques d’investissements précaires. Tu te dis qu’essayer ne veut pas forcément dire réussir, ta bonne conscience comme un poil incarné.<br />
Maintenant que le sommeil t’achève lentement, que ta tête brûle, tu te dis que tes fins de nuits se ressemblent, elles s’échappent nonchalamment à travers les espaces des volets en plastique, telles des photocopies, des reproductions encadrées de ton inclinaison à respirer, vendues à un prix exorbitant.</h3>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/pommedeneige.wordpress.com/91/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/pommedeneige.wordpress.com/91/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/pommedeneige.wordpress.com/91/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/pommedeneige.wordpress.com/91/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/pommedeneige.wordpress.com/91/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/pommedeneige.wordpress.com/91/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/pommedeneige.wordpress.com/91/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/pommedeneige.wordpress.com/91/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/pommedeneige.wordpress.com/91/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/pommedeneige.wordpress.com/91/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/pommedeneige.wordpress.com/91/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/pommedeneige.wordpress.com/91/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/pommedeneige.wordpress.com/91/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/pommedeneige.wordpress.com/91/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=91&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Les mots</title>
		<link>http://pommedeneige.wordpress.com/2009/05/07/les-mots/</link>
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		<pubDate>Thu, 07 May 2009 18:23:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucie Claire</dc:creator>
				<category><![CDATA[Été]]></category>

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		<description><![CDATA[La rivière bouillonne, comme de l’eau dans une casserole que tu aurais oubliée en partant, jusqu’à ce qu’elle brûle, tout, tout ce que tu avais gardé précieusement. Mais on ne voit jamais vraiment le fond de la rivière. Comme quatre murs qui se referment et te ressemblent, les mots ont pris le dessus, la frontière [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=88&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align:justify;">La rivière bouillonne, comme de l’eau dans une casserole que tu aurais oubliée en partant, jusqu’à ce qu’elle brûle, tout, tout ce que tu avais gardé précieusement. Mais on ne voit jamais vraiment le fond de la rivière.</p>
<p>Comme quatre murs qui se referment et te ressemblent, les mots ont pris le dessus, la frontière est dépassée, déplacée, comme s’il en fallait une autre, plus haut, plus loin, après la rivière, après les ponts qui l’enjambent, sans qu’on regarde dessous, comme sous les robes des filles l’été. Les mots sont revenus comme tu les avais laissés, pareils, comme tant de choses que tu n’as pas dit, tant tu aurais voulu que le reste suffise. Ils sont revenus avec l’eau de la rivière qui dévale, la piscine qui se remplie de pluie, les pieds qui laissent des traces sur les berges, une boue que tu ramènes jusque dans ton lit.</p>
<p>Et ils prennent le dessus.</p>
<p>Et tu les vois partout les mots, au coin des rues, dans les cafés, sur les terrasses ouvertes trop tôt, dans le bus, comme les nuques familières de ces gens que tu ne croises jamais, qui ressemblent à ces personnes qui ne t’attendent pas.</p>
<p>Et tu ne peux plus dormir tant il y a de mots autour de toi, comme autant de lettres échangées, de conversations coupées dans leur élan, de caresse impromptues, que la rivière emporte avec elle. Et les rues débordent de jambes et de gens, qui s’empressent de te rappeler que la neige est bien loin déjà. Mais que les mots sont revenus, eux, comme un été que tu attendais dans la rue.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Alors tu vas les écrire, les mots, comme on tire avec une arbalète.</p>
<p>Si tu en avais une arbalète, tu traverserais la rivière, tu monterais jusqu’à l’observatoire de la ville, trop haut. Dans l’ascenseur, sur ton cœur, tu serrerais l’arbalète. Une fois en haut, tu supposes qu’il y aurait un trou quelque part dans les fenêtres, pour que tu vises. Et tu viserais, sans rechigner, chaque nuque familière, chaque profil que tu as voulu effacer, et tu tirerais comme on tire avec une arbalète. Mais tu n’en as pas justement, et tu as peur des hauteurs. Il ne te reste que la frontière des mots, trop franchie, comme le bord d’une robe qui se découd sous tes yeux alors que tu tires sur le fil. Et tu tires sur le fil.</p>
<p>Mais l’on sait que les mots ne peuvent que ressembler à la vie, celle que tu espères, celle qui prends le dessus de tes veines. Et la fiction n’est jamais qu’une excuse.</h3>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/pommedeneige.wordpress.com/88/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/pommedeneige.wordpress.com/88/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/pommedeneige.wordpress.com/88/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/pommedeneige.wordpress.com/88/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/pommedeneige.wordpress.com/88/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/pommedeneige.wordpress.com/88/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/pommedeneige.wordpress.com/88/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/pommedeneige.wordpress.com/88/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/pommedeneige.wordpress.com/88/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/pommedeneige.wordpress.com/88/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/pommedeneige.wordpress.com/88/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/pommedeneige.wordpress.com/88/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/pommedeneige.wordpress.com/88/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/pommedeneige.wordpress.com/88/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=88&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Lucie claire</media:title>
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		<title>Comme autant d&#8217;adieux</title>
		<link>http://pommedeneige.wordpress.com/2009/04/26/comme-autant-dadieux/</link>
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		<pubDate>Sun, 26 Apr 2009 18:36:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucie Claire</dc:creator>
				<category><![CDATA[Été]]></category>

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		<description><![CDATA[«Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible.» Albert Camus, Noces suivi de L’Été. Une trace dans la neige qui me suit, qui remonte ma piste, de là où je viens. Dans un escalier, je remonte vers un chez moi, avec cette impression que la personne qui m’attend est [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=78&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align:justify;">«Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible.»</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Albert Camus, <em>Noces suivi de L’Été. </em></h3>
<div id="attachment_79" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-79" src="http://pommedeneige.files.wordpress.com/2009/04/_mg_8546.jpg?w=300&#038;h=134" alt="" width="300" height="134" /><p class="wp-caption-text">photo: guillaume.d.cyr</p></div>
<h3 style="text-align:justify;">Une trace dans la neige qui me suit, qui remonte ma piste, de là où je viens. Dans un escalier, je remonte vers un chez moi, avec cette impression que la personne qui m’attend est restée en bas. Si ce n’était du vent, j’aurais peut-être pu me retrouver quelque part, au coin d’un hiver incroyable, où la neige était tombée comme dans le temps. Un temps que je ne connais pas.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Je ferme les yeux, essayant de distinguer un son qui me ramène dehors, une lumière qui filtrerait à travers mes paupières, un baiser qui se poserait sur mes cils, comme les adieux des enfants, il y a longtemps. Un longtemps dont je ne me rappelle plus.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Sur un quai de gare, avec le son du réseau de la SNCF qui chante le départ des trains, les yeux inquiets qui te regardent à travers la vitre, qui te rappellent tous les arrêts avant le tien, qui te précisent les directions, de peur que tu te perdes. Avant je m’arrêtais toujours au bon arrêt, à la bonne station, parce que je ne savais pas qu’il ne suffit pas de se tromper d’arrêt pour se perdre, on peut se perdre en restant dans son lit.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Les gens ont toujours eu peur que je me perde, dans un aéroport, dans une gare. Il y a eu des allers-retours et des adieux, en boucle, comme des cheveux, qui s’emmêlent avec le temps ,qui font des nœuds qui te prennent à la poitrine. Figer le temps pour se rappeler de cette impression sur le quai de la gare, de ce vide, de ce silence qui se font toujours semblable. Quand tu te retournes sur un pont et que déjà, tu es plus loin que l’autre.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Je peux prendre le bus et traverser Québec de long en large, de quartier en quartier, aller jusqu’au Zoo, où il n’y a pas d’animaux, marcher jusqu’aux limites de la ville pour me rendre compte qu’il n’y en a pas. Essayer de me perdre un peu plus, parce que la neige a fondu et que mes traces n’y sont plus, parce que le bruit de mes bottes dans la neige molle est aussi absent que le reste.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">L’été sans la mer, ce n’est pas vraiment l’été, ça n’a rien d’invincible, ça n’a rien d’accablant de chaleur,  ça ne te tombe pas dessus à la terrasse des cafés, comme un soleil qui s’écraserait dans la rue. L’été sans la mer, c’est l’été sans moi, sans nous, à la mer. Le bruit des vagues ressemble des fois tellement au bruit des bottes dans la neige, assourdissant dans le silence qui les entoure. Je voudrais retourner à la mer.</h3>
<h3 style="text-align:justify;">Et je coule dans mon lit, comme une rivière bouillonnante, comme autant d’adieux à l’hiver.</h3>
<p style="text-align:justify;">
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/pommedeneige.wordpress.com/78/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/pommedeneige.wordpress.com/78/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/pommedeneige.wordpress.com/78/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/pommedeneige.wordpress.com/78/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/pommedeneige.wordpress.com/78/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/pommedeneige.wordpress.com/78/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/pommedeneige.wordpress.com/78/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/pommedeneige.wordpress.com/78/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/pommedeneige.wordpress.com/78/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/pommedeneige.wordpress.com/78/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/pommedeneige.wordpress.com/78/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/pommedeneige.wordpress.com/78/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/pommedeneige.wordpress.com/78/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/pommedeneige.wordpress.com/78/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=78&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">Lucie claire</media:title>
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		<title>Le chien blanc</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Apr 2009 20:38:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lucie Claire</dc:creator>
				<category><![CDATA[Hiver]]></category>
		<category><![CDATA[la mélancolie]]></category>

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		<description><![CDATA[La mélancolie (Léo Ferré) La mélancolie /C&#8217;est une rue barrée /C&#8217;est c&#8217;qu&#8217;on peut pas dire /C&#8217;est dix ans d&#8217;purée /Dans un souvenir /C&#8217;est ce qu&#8217;on voudrait /Sans devoir choisir /La mélancolie /C&#8217;est un chat perdu /Qu&#8217;on croit retrouvé /C&#8217;est un chien de plus /Dans le monde qu&#8217;on sait /C&#8217;est un nom de rue où l&#8217;on [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=pommedeneige.wordpress.com&amp;blog=7065335&amp;post=72&amp;subd=pommedeneige&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR"><em>La mélancolie</em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR"><em>(Léo Ferré)</em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR"><em>La mélancolie /C&#8217;est une rue barrée /C&#8217;est c&#8217;qu&#8217;on peut pas dire /C&#8217;est dix ans d&#8217;purée /Dans un souvenir /C&#8217;est ce qu&#8217;on voudrait /Sans devoir choisir /La mélancolie /C&#8217;est un chat perdu /Qu&#8217;on croit retrouvé /C&#8217;est un chien de plus /Dans le monde qu&#8217;on sait /C&#8217;est un nom de rue où l&#8217;on va jamais /[…] /La mélancolie / C&#8217;est les yeux des chiens /Quand il pleut des os /La mélancolie / C&#8217;est voir dans la pluie /Le sourire du vent /Et dans l&#8217;éclaircie / La gueule du printemps /[…]La mélancolie/ C&#8217;est regarder l&#8217;eau /D&#8217;un dernier regard /Et faire la peau /Au divin hasard /Et rentrer penaud /Et rentrer peinard /C&#8217;est avoir le noir /Sans savoir très bien /Ce qu&#8217;il faudrait voir /Entre loup et chien /C&#8217;est un désespoir qu’a pas les moyens.</em></span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR">Sur la cinquième rue, derrière la centrale de taxis, il y a un chien blanc. Si l’on marche près de lui, qu’on lui donne une caresse, il nous escorte quelques pas. Il ne marche pas très bien le chien blanc, une plante lui pousse dans la patte. C’est peut-être pour ça qu’il reste tout le temps sur le perron de la maison pleine de lierres. Il attend quelqu’un le chien blanc.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR">Peut-être qu’au printemps, il faut attendre quelqu’un. Déjà toute la ville est en travaux, elle rebouche les trous que l’hiver a fait sur les pavés. Parfois, il nous faudrait juste un peu d’asphalte pour oublier l’hiver, pour reboucher les trous qu’il a fait en nous. Et la rivière a toute fondu. Elle a charrié pendant quelques nuits, toute la glace, toutes les feuilles, les branches, les mégots de cigarettes que l’on avait enterré négligemment dans la neige. Elle coule sous les ponts la rivière et elle se remplit de pluie.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR">Quand il pleut longtemps, on reste chez soi. On regarde par la fenêtre qui donne sur un mur, qui donne sur une autre fenêtre. On peut écouter Léo Ferré, parce que sous l’aiguille, ses microsillons tournent comme la pluie. On peut caresser le chat qui ne verra jamais le chien blanc, qui ne verra jamais la rivière, qui ne verra jamais que l’autre chat, sur le rebord de la fenêtre d’en face.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR">On peut regarder les décors qui traînent autour de nous, et que d’habitude on ne regarde pas, parce qu’ils sont là. On peut s’attarder aux détails, passer son doigt sur une tablette, voir la poussière sur son doigt. On pourrait faire le ménage de printemps, ranger l’hiver dans le fond du placard, comme on range le reste.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR">On pourrait classer ses papiers, ses notes, qui demandent de l’ordre, comme des idées. On pourrait écouter plus de musique encore. On pourrait s’asseoir sur le tapis et manger des bonbons, prendre le paquet de bonbons, qui fait du bruit et jouer avec le chat qui aime le bruit. On pourrait faire des ombres sur les murs, le chat courrait après, s’aplatirait sur le mur, miaulerait parce que l’ombre finit toujours par s’enfuir, au bout de nos doigts. Alors on lui donnerait une caresse.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span lang="FR">Mais on ne fait rien de tout cela. Parce que depuis quelques jours, on ne va plus voir la rivière. Depuis quelques jours, on est comme le chien blanc de la cinquième rue. On voit les gens passer autour de nous, et on voudrait bien, finalement, attendre quelqu’un. </span></p>
<p><!--EndFragment--></h3>
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